Encyclopédie de l’aviculture · École NEXTEKCI · Matières premières de l’aliment
Le tourteau de soja
Le tourteau de soja est la principale source de protéines des aliments pour volailles. Ses protéines sont les mieux équilibrées des protéines végétales, riches en lysine. Il doit avoir été correctement chauffé : un soja cru ou mal cuit contient des facteurs qui bloquent la digestion.

Les repères
- Rôle principal
- Protéines
- Teneur en protéines
- Autour de 44 à 48 % selon sa qualité
- Point fort
- Riche en lysine, protéines bien équilibrées
- Point faible
- Méthionine un peu juste
- Contrôle clé
- Cuisson correcte (ni crue, ni brûlée)
Ce que c’est
Le tourteau de soja est ce qui reste de la graine de soja après extraction de son huile. Il se présente en farine ou en petites paillettes, de couleur beige clair à brun doré. Sa teneur en protéines tourne autour de 44 à 48 %, selon que la graine a été plus ou moins débarrassée de sa pellicule.
On trouve aussi la graine de soja entière, cuite (toastée ou extrudée), qui garde son huile : elle apporte à la fois des protéines et beaucoup d’énergie.
Son rôle dans la ration
Le tourteau de soja apporte les protéines, c’est-à-dire les acides aminés qui construisent les muscles, les plumes et les œufs. Il est particulièrement riche en lysine, l’acide aminé qui manque le plus au maïs : le couple maïs-soja est pour cela la base de la plupart des aliments pour volailles dans le monde.
Ses protéines restent un peu justes en méthionine, que le nutritionniste complète souvent avec de la méthionine de synthèse. Le jeune poussin, qui a les besoins en protéines les plus élevés, est celui qui dépend le plus d’un tourteau de bonne qualité.
La cuisson : le point qui fait tout
La graine de soja crue contient des « facteurs antinutritionnels », en particulier des antitrypsiques, qui bloquent la digestion des protéines : les oiseaux mangent mais grandissent mal, et le pancréas grossit. La chaleur appliquée pendant la fabrication du tourteau les détruit.
Mais une cuisson trop forte abîme à son tour la lysine. Un bon tourteau est donc cuit juste ce qu’il faut. Les fabricants le vérifient par des analyses de laboratoire simples (activité uréase, solubilité des protéines). Une graine de soja ne se donne jamais crue aux volailles.
Qualité, stockage et disponibilité
Un bon tourteau a une couleur régulière, une odeur de noisette grillée, sans odeur de brûlé, de rance ou de moisi. Une couleur très pâle peut signaler un manque de cuisson ; une couleur très foncée, un excès. Il se stocke au sec, sur palettes, à l’abri de l’humidité qui le fait moisir.
En Afrique de l’Ouest, une grande partie du tourteau de soja est importée, et une production locale de soja existe et se développe. Comme sa qualité peut varier, un fabricant sérieux demande la teneur en protéines garantie et contrôle les lots.
Les erreurs fréquentes
Donner des graines de soja crues ou à peine grillées « parce que c’est du soja » : la bande mange et ne grandit pas. Acheter un tourteau sans connaître sa teneur en protéines, puis s’étonner que l’aliment ne donne pas le même résultat.
Remplacer le soja par un autre tourteau, poids pour poids, sans refaire la formule : les autres tourteaux n’ont ni la même teneur en protéines, ni le même équilibre en acides aminés. La quantité de tourteau dans l’aliment est fixée par le nutritionniste ou le fabricant.
