Encyclopédie de l’aviculture · École NEXTEKCI · Matières premières de l’aliment
Le manioc (cossettes) et ses limites
Le manioc, abondant en Côte d’Ivoire, est riche en amidon et peut apporter de l’énergie à la place d’une partie du maïs. Mais il ne contient presque pas de protéines, il ne colore pas, et il doit être épluché et bien séché pour réduire ses composés toxiques. Il ne remplace jamais le maïs sans refaire toute la formule.

Les repères
- Rôle principal
- Énergie (amidon)
- Protéines
- Très faibles, environ 2 à 3 %
- Couleur
- Ne colore ni le jaune d’œuf ni la peau
- Danger
- Composés qui libèrent du cyanure (racine fraîche)
- Préparation
- Épluché, découpé, bien séché (cossettes)
Ce que c’est
Le manioc est une racine riche en amidon, cultivée partout en Côte d’Ivoire. Pour la volaille, on l’utilise sous forme de cossettes : racines épluchées, coupées en morceaux et séchées, puis broyées en farine au moment de fabriquer l’aliment.
Les feuilles de manioc, elles, contiennent des protéines, mais aussi des composés toxiques et beaucoup de fibres : leur emploi est encore plus délicat.
Son rôle dans la ration
La farine de manioc est presque uniquement de l’amidon : elle apporte de l’énergie, un peu moins que le maïs, et peut en remplacer une partie quand le maïs manque.
Mais elle n’apporte presque pas de protéines, ni de matières grasses, ni de pigments, et peu de minéraux. Chaque fois qu’on remplace du maïs par du manioc, il faut donc ajouter des protéines (tourteaux, acides aminés), revoir l’énergie et accepter des jaunes d’œuf et une peau plus pâles. C’est le travail du nutritionniste.
Le danger du cyanure
Le manioc frais contient des composés qui libèrent du cyanure, un poison. Les variétés dites « amères » en contiennent davantage que les variétés « douces », et la peau de la racine en est la partie la plus chargée.
L’épluchage, le découpage, le trempage ou la fermentation, puis un séchage complet, en éliminent la plus grande partie. C’est pourquoi on n’utilise que des cossettes bien préparées et bien sèches, jamais de manioc frais ni d’épluchures crues en quantité.
Qualité, présentation et stockage
Des cossettes mal séchées moisissent vite ; séchées à même le sol, elles se chargent de sable et de terre. Une bonne cossette est blanche, sèche et cassante, sans taches noires ni odeur de moisi.
La farine de manioc est très fine et poussiéreuse : un aliment qui en contient beaucoup, donné en farine, colle au bec, est moins bien mangé et fait de la poussière. La présentation en granulés corrige en partie ce défaut. On la stocke au sec, en sacs fermés, à l’abri des insectes.
Les erreurs fréquentes
Remplacer le maïs par du manioc poids pour poids sans rien changer d’autre : l’aliment devient très pauvre en protéines et la bande ne grandit pas. Donner du manioc frais, des épluchures ou des cossettes mal séchées.
Croire qu’un aliment « au manioc » vaut un aliment au maïs parce que les oiseaux le mangent. La part de manioc dans un aliment et les compléments nécessaires se décident avec un nutritionniste ou un fabricant d’aliment.
