Encyclopédie de l’aviculture · École NEXTEKCI · Matières premières de l’aliment
Les acides aminés de synthèse : lysine et méthionine
Les protéines sont faites d’acides aminés. Dans un aliment à base de maïs et de soja, la méthionine et la lysine sont les premiers à manquer. Les acides aminés de synthèse permettent de les compléter avec précision, d’équilibrer l’aliment et de limiter l’excès de protéines. Ils se pèsent au gramme, dans une formule.

Les repères
- Les plus utilisés
- Méthionine, lysine, puis thréonine
- Premier manque (maïs-soja)
- Méthionine, chez la volaille
- Rôle
- Équilibrer les protéines de l’aliment
- Quantité
- Très petite, pesée avec précision
- Avantage
- Moins d’excès de protéines, moins d’ammoniac
Ce que c’est
Les protéines sont des chaînes faites de « briques », les acides aminés. L’oiseau sait fabriquer certains acides aminés lui-même, mais pas tous : ceux qu’il ne sait pas fabriquer, dits essentiels, doivent venir de l’aliment.
Les acides aminés de synthèse sont ces briques, produites par l’industrie et vendues pures, en poudre ou en liquide. Les plus utilisés en aviculture sont la méthionine, la lysine et la thréonine.
Leur rôle dans la ration
Ce qui compte n’est pas seulement la quantité de protéines, mais leur équilibre. L’oiseau construit ses muscles, ses plumes et ses œufs au rythme de l’acide aminé qui manque le plus : c’est lui qui limite tout le reste. Dans un aliment à base de maïs et de soja, c’est en général la méthionine (très importante aussi pour les plumes), puis la lysine (importante pour le muscle).
En ajoutant juste ce qu’il faut de ces acides aminés, le nutritionniste équilibre l’aliment sans devoir augmenter fortement les tourteaux. On parle de « protéine idéale » : chaque acide aminé à sa juste place.
Ce qu’ils apportent
Un aliment mieux équilibré donne une meilleure croissance, un meilleur indice de consommation, un meilleur plumage et une ponte plus régulière. Il permet aussi d’éviter un excès de protéines : les protéines en trop ne sont pas perdues seulement pour l’éleveur, elles sont rejetées dans les fientes sous forme d’azote, ce qui mouille la litière et augmente l’ammoniac dans le bâtiment.
Ils aident aussi à utiliser des matières premières moins bien équilibrées, comme les tourteaux de coton ou d’arachide, ou le manioc, à condition que la formule soit faite avec soin.
Qualité, stockage et disponibilité
Les acides aminés de synthèse sont importés et vendus par les fournisseurs de matières premières et de prémix. Les différentes formes vendues (par exemple pour la méthionine ou la lysine) n’ont pas la même teneur réelle en acide aminé : le nutritionniste en tient compte dans ses calculs.
Ils se stockent dans leur emballage d’origine fermé, au sec. Comme ils entrent en très petite quantité, ils se pèsent avec une balance précise et se mélangent d’abord avec une petite quantité d’aliment, comme le prémix. Ils sont souvent déjà inclus dans le prémix ou le concentré.
Les erreurs fréquentes
Ajouter de la méthionine ou de la lysine « pour faire pousser » sans formule : sans le reste de l’équilibre, cela ne sert à rien, et un fort excès peut même nuire. En rajouter alors que le prémix ou le concentré en contient déjà.
Croire qu’un aliment « riche en protéines » est forcément meilleur : un aliment équilibré avec moins de protéines peut faire mieux. Les acides aminés se décident dans la formule, avec le nutritionniste ou le fabricant d’aliment.
