Encyclopédie de l’aviculture · École NEXTEKCI · Matières premières de l’aliment
Le phosphate bicalcique
Le phosphate bicalcique apporte le phosphore que les céréales et les tourteaux fournissent mal, et un peu de calcium. Sans assez de phosphore, les os restent mous et les pattes faiblissent. Il doit être d’une qualité destinée à l’alimentation animale, débarrassée du fluor.

Les repères
- Rôle principal
- Phosphore (os, croissance, énergie du corps)
- Teneur en phosphore
- Environ 18 %
- Teneur en calcium
- Un peu plus de 20 %
- Qualité exigée
- Qualité alimentation animale, défluorée
- Carence
- Os mous, boiteries, rachitisme
Ce que c’est
Le phosphate bicalcique est un minéral obtenu à partir de roches phosphatées, traitées et purifiées pour l’alimentation animale. Il se présente en poudre ou en petits grains blancs à gris.
Il existe d’autres phosphates (monocalcique, phosphates naturels) ; ils n’ont pas la même richesse ni la même qualité, et ne se remplacent pas l’un par l’autre sans refaire la formule.
Son rôle dans la ration
Le phosphore sert à construire les os, avec le calcium, et intervient dans presque tout ce que fait le corps : croissance, utilisation de l’énergie, ponte. Les céréales, les sons et les tourteaux en contiennent, mais en grande partie sous forme de phytates, que la volaille digère mal.
Le phosphate bicalcique apporte un phosphore bien utilisable. Le nutritionniste raisonne en « phosphore disponible » et calcule la quantité nécessaire selon l’âge et le type d’oiseau. Beaucoup d’aliments contiennent aussi une enzyme, la phytase, qui libère une partie du phosphore des végétaux ; son emploi relève du fabricant.
Carence et excès
Un manque de phosphore (ou un mauvais équilibre avec le calcium et la vitamine D) donne des os mous et déformés : poussins qui boitent, pattes tordues, rachitisme, sternum mou. Chez la pondeuse, les os s’affaiblissent et la poule peut rester couchée.
À l’inverse, trop de phosphore chez la pondeuse gêne l’utilisation du calcium et peut dégrader la coquille. Le bon dosage est une affaire de formule, pas d’ajout au jugé.
Qualité, stockage et disponibilité
Les phosphates naturels non traités peuvent contenir beaucoup de fluor, toxique pour les oiseaux à la longue (os et becs abîmés, croissance ralentie). On n’utilise donc qu’un phosphate de qualité alimentation animale, défluoré, avec une étiquette indiquant sa teneur en phosphore et en calcium.
En Côte d’Ivoire, le phosphate bicalcique est surtout importé et vendu par les fournisseurs de matières premières pour aliments. Il se stocke au sec, sacs fermés : l’humidité le fait prendre en mottes.
Les erreurs fréquentes
Remplacer le phosphate par de la poudre d’os d’origine inconnue : elle peut porter des microbes et sa teneur est incertaine. Utiliser un phosphate « engrais » ou un phosphate naturel non défluoré.
Oublier le phosphate quand on fabrique son aliment à la ferme, ou le mélanger mal : quelques oiseaux en reçoivent trop, d’autres pas assez, et les boiteries apparaissent. Une boiterie a aussi d’autres causes : le vétérinaire aide à faire la différence.
