Guide technique · École NEXTEKCI
Guide de l’aliment et de l’eau des volailles
Le bon aliment au bon âge, bien stocké, et une eau propre et fraîche à volonté
Repères : Cobb 500, Efficiency Plus (Hubbard), Hubbard Premium, Novogen Brown
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1. Les phases d’aliment
L’aliment est la plus grosse dépense de la bande et le premier levier de résultat. Les besoins de l’oiseau changent avec l’âge : le jeune poussin a besoin d’un aliment riche en protéines pour construire son intestin, son squelette et ses muscles ; plus tard, il a besoin de plus d’énergie et de moins de protéines. C’est pour cela qu’on donne plusieurs aliments successifs, un par phase.
Le poulet de chair blanc
| Phase | Âge | Présentation | Rôle |
|---|---|---|---|
| Démarrage | 0 à 10-14 jours | Miettes fines | Construire l’intestin et le squelette ; aliment riche en protéines |
| Croissance | 15 à 28 jours | Petits granulés ou grosses miettes | Développer le muscle |
| Finition | 29 jours à la vente | Granulés | Finir le poids : plus d’énergie, moins de protéines |
Les poulets de couleur et les hybrides, élevés plus longtemps, suivent les mêmes trois phases, mais plus longues : démarrage jusqu’à environ 3 semaines, croissance jusqu’à 8 à 10 semaines, finition ensuite. Suivez les âges de changement conseillés par votre fabricant d’aliment pour votre type de poulet et votre âge de vente.
La pondeuse rousse
| Phase | Âge | Rôle |
|---|---|---|
| Démarrage poulette | 0 à 6 semaines | Bien démarrer, construire le squelette |
| Croissance (poulette) | 6 à 12-14 semaines | Faire une poulette au bon poids et homogène |
| Pré-ponte (développement) | 14 à 18 semaines, jusqu’aux premiers œufs | Préparer le corps de la poule à la ponte |
| Ponte | Dès les premiers œufs (vers 19 à 20 semaines) | Produire des œufs ; aliment riche en calcium pour la coquille |
Chaque aliment est fait pour un âge. Un aliment de finition donné à des poussins les prive des protéines dont ils ont besoin. Un aliment ponte donné trop tôt abîme les reins de la poulette avec son calcium ; donné trop tard, il donne des coquilles fragiles.
Les besoins de l’oiseau ne changent pas d’un coup à une date précise : ils baissent petit à petit. Plus on donne d’aliments différents, plus on suit ses besoins de près ; en pratique, trois aliments pour le poulet de chair et quatre pour la pondeuse sont un bon compromis.
2. Farine, miettes ou granulés
Un même aliment peut être présenté de plusieurs façons. La présentation compte autant que la composition : un bon aliment mal présenté est trié, gaspillé ou mal mangé.
Les trois présentations
| Présentation | Ce que c’est | Pour qui | Points d’attention |
|---|---|---|---|
| Farine | Matières premières broyées et mélangées | Fréquente chez la poulette et la pondeuse | Les oiseaux trient les gros morceaux et laissent la poudre ; plus de poussière et de gaspillage |
| Miettes | Granulés concassés en petits morceaux | Démarrage de tous les poussins | Chaque miette contient tout l’aliment : le poussin ne peut pas trier |
| Granulés | Aliment pressé en petits cylindres | Croissance et finition du poulet de chair | Se mange vite, peu de gaspillage ; trop de poudre au fond du sac = granulés de mauvaise qualité |
- Les aliments transformés (miettes, granulés) sont plus faciles à manipuler que la farine.
- Ils donnent une meilleure croissance et un meilleur indice de consommation que la farine.
- Au démarrage, l’aliment doit être une miette de bonne qualité.
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Avec un aliment en farine, laissez les mangeoires se vider une fois par jour, en milieu de journée : les oiseaux mangent alors la poudre fine, où se trouvent souvent les minéraux et les vitamines, au lieu de ne choisir que les gros morceaux.
3. Les matières premières et leur rôle
Un aliment complet apporte cinq choses : de l’eau (que l’oiseau boit), de l’énergie, des protéines (en réalité des acides aminés, les « briques » des muscles et des plumes), des minéraux et des vitamines. Ces éléments doivent être présents ensemble et dans le bon équilibre : s’il en manque un, les autres sont mal utilisés.
Qui apporte quoi
| Besoin | Rôle | Matières premières courantes |
|---|---|---|
| Énergie | Faire vivre l’oiseau et le faire grossir | Maïs (la base de la plupart des aliments), sorgho, sons et issues de céréales, huiles |
| Protéines | Construire les muscles, les plumes, les œufs | Tourteau de soja (le plus utilisé), autres tourteaux, farine de poisson |
| Minéraux majeurs | Os, coquille, équilibre du corps | Calcaire et coquillages (calcium), phosphates (phosphore), sel (sodium et chlore) |
| Oligo-éléments | Nécessaires en très petite quantité | Fer, iode, cuivre, manganèse, zinc, sélénium, apportés par le prémix |
| Vitamines | Croissance, défenses, solidité des pattes, ponte | Vitamines A, D, E, K et vitamines du groupe B, apportées par le prémix |
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Le prémix est un mélange concentré de vitamines, d’oligo-éléments et parfois d’acides aminés, ajouté en petite quantité. Il est petit en volume mais indispensable : sans lui, même un aliment riche en maïs et en soja donne des oiseaux qui grandissent mal, ont des problèmes de pattes ou pondent mal. La pondeuse reçoit en plus beaucoup de calcium, nécessaire à la coquille.
Si vous fabriquez votre aliment à la ferme
- Utilisez une formule établie par un nutritionniste pour l’âge et le type d’oiseau ; ne recopiez pas la formule du voisin.
- Pesez chaque matière première : jamais « au seau » ni « au jugé ».
- Mélangez assez longtemps pour que le prémix et les minéraux soient répartis partout : quelques grammes mal répartis font des oiseaux carencés à côté d’oiseaux qui en ont trop.
- Ne remplacez jamais une matière première par une autre sans refaire la formule.
- N’utilisez que des matières premières sèches, propres, sans moisissure ni insectes.
- Ne donnez jamais de maïs seul : il manque de protéines, de minéraux et de vitamines. Du maïs concassé peut compléter la finition d’un poulet de couleur, jamais au démarrage.
Fabriquer un aliment est un métier qui demande des matières premières contrôlées, une formule juste et un mélange régulier. NEXTEKCI est titulaire de l’agrément officiel de fabrication d’aliments pour volailles.
4. La qualité et le stockage de l’aliment
Un bon aliment peut devenir mauvais dans un mauvais magasin. La chaleur et l’humidité de la Côte d’Ivoire, surtout en saison des pluies, font perdre ses vitamines à l’aliment et favorisent les moisissures. Certaines moisissures fabriquent des poisons, les mycotoxines (dont les aflatoxines, fréquentes dans le maïs mal séché ou mal stocké) : elles abîment le foie, freinent la croissance, affaiblissent les défenses et peuvent tuer.
Le magasin d’aliment
- Local séparé du bâtiment des oiseaux, fermé, sec, ventilé, à l’abri de la pluie.
- Sacs sur palettes ou planches, à environ 20 cm du sol et des murs, pour que l’air circule et que l’humidité ne monte pas.
- Premier entré, premier sorti : écrire la date de réception sur chaque sac et utiliser les plus anciens d’abord.
- Au-delà de 4 à 6 semaines de stockage, surtout en saison des pluies, l’aliment perd ses vitamines et les moisissures gagnent : n’achetez pas trop longtemps à l’avance.
- Rats et souris : pièges et appâts autour du local, aucun sac ouvert, sol balayé chaque jour, aliment renversé ramassé tout de suite.
- Un stock de sécurité d’environ une semaine : une route coupée ou une livraison en retard ne doit pas affamer la bande.
Si vous utilisez des silos
- Capacité d’environ 5 jours de consommation.
- Silos parfaitement étanches : la moindre entrée d’eau fait moisir l’aliment.
- Deux silos par bâtiment permettent de changer d’aliment rapidement si nécessaire.
- Silos vidés et nettoyés entre deux bandes.
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Contrôler chaque livraison
- 1Vérifier que l’étiquette correspond à la commande : type d’aliment, phase, date de fabrication.
- 2Vérifier les sacs : intacts, secs, sans trace d’eau, de rats ou d’insectes.
- 3Ouvrir un sac : odeur normale, couleur habituelle, pas de mottes, pas de chaleur, peu de poudre dans un aliment en granulés.
- 4Prélever un échantillon dans plusieurs sacs (5 prises mélangées), plutôt qu’une poignée prise dans la mangeoire.
- 5Le garder au frais, dans un sac fermé, avec la date, le type d’aliment et le numéro du bon de livraison, jusqu’à la vente de la bande.
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Un sac moisi, chaud, qui sent le renfermé ou qui a des mottes ne se donne jamais, même « un peu » et même mélangé à un bon sac : les toxines ne partent ni au soleil ni au tamis. Mettez-le de côté et faites-le reprendre par le fournisseur. Attention : un aliment peut contenir des toxines sans moisissure visible ; l’échantillon gardé permet de le faire analyser si la bande a un problème.
5. Bien distribuer l’aliment
Un bon aliment ne sert à rien s’il n’est pas accessible à tous les oiseaux, à tout moment. Si la place à la mangeoire manque, la croissance ralentit et le lot devient inégal : les forts mangent, les faibles attendent.

Combien de place à la mangeoire
| Type de mangeoire | Repère |
|---|---|
| Démarrage (papier ou plateaux) | 1 plateau pour 50 poussins ; 50 à 65 g d’aliment par poussin sur le papier, rechargé 3 fois par jour, pendant 7 à 10 jours |
| Mangeoires suspendues manuelles (trémies) | 1 pour 40 à 50 poulets |
| Assiettes automatiques (33 cm de diamètre) | 60 à 70 poulets par assiette |
| Chaîne automatique | Au moins 2,5 cm par oiseau, en comptant les deux côtés |
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Les bons gestes
- Bord de la mangeoire à hauteur du dos des oiseaux, relevé chaque semaine avec la croissance.
- Mangeoires jamais vides, mais jamais remplies à ras bord : au-delà du tiers, les oiseaux grattent et jettent, et le gaspillage peut atteindre 5 à 10 % de l’aliment.
- Au démarrage, l’aliment ne doit jamais manquer sur le papier ou les plateaux, et jamais juste sous la source de chaleur.
- Mangeoires et abreuvoirs en alternance, pour qu’aucun oiseau n’ait loin à aller.
- Par forte chaleur : relever les mangeoires environ 6 heures avant l’heure la plus chaude, puis redonner à manger quand il fait plus frais (le soir et tôt le matin).
Changer d’aliment sur trois jours
| Jour | Ancien aliment | Nouvel aliment |
|---|---|---|
| Jour 1 | Deux tiers | Un tiers |
| Jour 2 | La moitié | La moitié |
| Jour 3 | Un tiers | Deux tiers |
| Jour 4 | — | Tout le nouvel aliment |
Chaque changement (de phase, de fournisseur ou de présentation) est un passage délicat : le lot peut bouder la mangeoire et boire moins. Ne changez jamais de fournisseur au milieu d’une phase par simple occasion, et demandez ce qui a changé quand un sac arrive avec une couleur ou une odeur différente.
6. Combien d’aliment par âge
Les tableaux suivants donnent les objectifs des souches de référence, obtenus dans de très bonnes conditions. En bâtiment ouvert, par forte chaleur, la consommation réelle est souvent plus basse. Servez-vous-en pour prévoir les sacs et pour comparer, chaque jour, ce que mange votre bande.
Poulet de chair blanc (souche Efficiency Plus)
| Âge | Aliment par jour | Aliment cumulé par poulet |
|---|---|---|
| 7 jours | 35 g | 172 g |
| 14 jours | 70 g | 550 g |
| 21 jours | 112 g | 1 203 g |
| 28 jours | 152 g | 2 148 g |
| 35 jours | 188 g | 3 359 g |
| 42 jours | 214 g | 4 783 g |
| 49 jours | 230 g | 6 350 g |
Efficiency Plus — objectifs de performance (Hubbard)
Poulet de chair blanc (Cobb 500, mâles et femelles mélangés)
| Âge | Aliment cumulé par poulet | Indice de consommation |
|---|---|---|
| 28 jours | 2,36 kg | 1,32 |
| 35 jours | 3,64 kg | 1,44 |
| 42 jours | 5,10 kg | 1,56 |
| 45 jours | 5,78 kg | 1,61 |
Source : Cobb (Cobb500 Performance & Nutrition Supplement, 2022)
Poulets de couleur : aliment par jour
| Âge | Chair roux | Hybrides |
|---|---|---|
| 14 jours | 49 g | 32 g |
| 28 jours | 99 g | 65 g |
| 42 jours | 127 g | 83 g |
| 56 jours | 162 g | 106 g |
| 70 jours | 193 g | 126 g |
| 84 jours | 214 g | 140 g |
Performances indicatives Hubbard Premium
Poulets de couleur : aliment total par poulet selon l’âge de vente
| Âge de vente | Chair roux | Gris barré | Chair roux cou nu | Hybrides |
|---|---|---|---|---|
| 56 jours | 5,1 kg | 4,8 kg | 5,0 kg | 3,4 kg |
| 63 jours | 6,3 kg | 5,9 kg | 6,2 kg | 4,1 kg |
| 70 jours | 7,7 kg | 7,2 kg | 7,5 kg | 5,0 kg |
| 84 jours | 10,5 kg | 9,9 kg | 10,3 kg | 6,9 kg |
Performances indicatives Hubbard Premium
Poulette pondeuse rousse : aliment par jour
| Âge | Aliment par jour | Poids visé |
|---|---|---|
| 1 semaine | 11 g | 65 à 70 g |
| 2 semaines | 17 g | 110 à 120 g |
| 4 semaines | 35 g | 270 à 285 g |
| 6 semaines | 47 g | 470 à 495 g |
| 8 semaines | 55 g | 660 à 695 g |
| 10 semaines | 60 g | 840 à 900 g |
| 12 semaines | 65 g | 1 020 à 1 090 g |
| 14 semaines | 72 g | 1 190 à 1 255 g |
| 16 semaines | 78 g | 1 350 à 1 425 g |
| 18 semaines | 85 g | 1 480 à 1 580 g |
Source : Novogen Brown, guide d’élevage (2024), p. 38
En pleine production, une pondeuse rousse mange environ 111 à 119 g d’aliment ponte par jour.
Pour connaître la ration du jour, multipliez le nombre d’oiseaux par l’aliment par jour du tableau. Exemple : 1 000 poulets de chair blanc de 28 jours × 152 g = environ 152 kg d’aliment par jour, soit à peu près 3 sacs de 50 kg. Si votre bande mange nettement moins, regardez la chaleur, l’eau et la santé ; si elle mange autant mais ne grossit pas, cherchez le gaspillage, les rats ou une maladie qui commence.
L’indice de consommation de votre bande se calcule à la fin : aliment consommé (aliment livré moins le stock restant) divisé par le poids vif total vendu. Les oiseaux morts ont mangé sans être vendus : plus il y a de morts, plus l’indice monte.
Calculez la rentabilité de votre bande avec vos propres prix7. L’eau : combien boivent les oiseaux
L’eau est le premier aliment de l’oiseau : elle représente 65 à 78 % de son corps selon l’âge. Un poulet boit environ 1,6 à 2 fois le poids de l’aliment qu’il mange, et beaucoup plus quand il fait chaud. Un oiseau qui boit mal mange mal : beaucoup de « problèmes d’aliment » sont en réalité des problèmes d’eau.
L’eau suit la chaleur
| Température du bâtiment | Litres d’eau pour 1 kg d’aliment |
|---|---|
| 20 °C | 2 litres |
| 26 °C | 2,5 litres |
| 37 °C | 5 litres |
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
- Entre 20 et 32 °C, chaque degré de plus augmente l’eau bue d’environ 6 %.
- Entre 32 et 38 °C, chaque degré de plus l’augmente d’environ 5 %.
- Au-dessus de 20 °C, chaque degré de plus fait baisser l’aliment mangé d’environ 1,2 %.
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Poulet de chair blanc : eau par jour en bonnes conditions (souche Efficiency Plus)
| Âge | Eau par poulet et par jour | Pour 1 000 poulets |
|---|---|---|
| 7 jours | 60 ml | 60 litres |
| 14 jours | 119 ml | 119 litres |
| 21 jours | 190 ml | 190 litres |
| 28 jours | 259 ml | 259 litres |
| 35 jours | 319 ml | 319 litres |
| 42 jours | 364 ml | 364 litres |
| 49 jours | 391 ml | 391 litres |
Efficiency Plus — objectifs de performance (Hubbard)
Poulets de couleur : eau par jour en bonnes conditions
| Âge | Chair roux | Hybrides |
|---|---|---|
| 14 jours | 83 ml | 54 ml |
| 28 jours | 169 ml | 110 ml |
| 42 jours | 216 ml | 141 ml |
| 56 jours | 275 ml | 179 ml |
| 70 jours | 329 ml | 215 ml |
| 84 jours | 364 ml | 238 ml |
Performances indicatives Hubbard Premium
Pondeuse en production
| Température | Litres d’eau pour 1 kg d’aliment | Eau par poule et par jour |
|---|---|---|
| 20 °C | 1,8 | 205 ml |
| 25 °C | 2,1 | 230 ml |
| 30 °C | 3,1 | 320 ml |
Source : Novogen Brown, guide d’élevage (2024) (d’après ITAVI 2012), p. 18
Ces quantités sont celles de bonnes conditions : par forte chaleur, les oiseaux peuvent boire jusqu’à 3 fois ce qu’ils mangent. Prévoyez une réserve d’eau qui couvre au moins 48 heures de la plus forte consommation, pour tenir pendant une panne de pompe ou une coupure.
Notez l’eau bue chaque jour, à la même heure (compteur, ou nombre d’abreuvoirs remplis). Elle doit monter régulièrement avec l’âge. Une baisse sans baisse de chaleur est souvent le premier signe d’un problème, avant la mortalité. Une hausse brusque fait chercher une fuite, une forte chaleur ou un aliment trop salé.
8. La qualité de l’eau
L’eau donnée aux oiseaux doit être potable pour l’homme. Une eau claire n’est pas forcément une eau propre : elle peut contenir des microbes, trop de sels, de fer ou de nitrates. Une eau de mauvaise qualité fait moins boire, encrasse les abreuvoirs et rend les oiseaux malades.
Protéger la source
- Forage : la meilleure solution quand il est bien fait ; faites analyser l’eau au moins une fois.
- Puits : couvert, éloigné des latrines et des fosses, surveillé en saison des pluies (infiltrations).
- Réseau : eau fiable, mais la réserve de 48 heures reste indispensable.
- Rivière, marigot, eau de pluie : à éviter sans traitement.
Les repères d’une eau de qualité
| Élément | Niveau normal | Niveau maximal acceptable |
|---|---|---|
| Bactéries totales | 0 par ml | 100 par ml |
| Coliformes (bactéries fécales) | 0 par ml | 50 par ml |
| pH | 6,8 à 7,5 | 6,0 à 8,0 |
| Nitrates | 10 mg/L | 25 mg/L |
| Fer | 0,2 mg/L | 0,3 mg/L |
| Sodium | 32 mg/L | 50 mg/L |
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Les sels dissous dans l’eau
| Sels dissous (ppm) | Ce que cela veut dire |
|---|---|
| Moins de 1 000 | Convient à toutes les volailles |
| 1 000 à 2 999 | Convient ; fientes parfois plus humides aux niveaux les plus hauts, sans effet sur la santé |
| 3 000 à 4 999 | Ne convient pas : fientes humides, mortalité en hausse, croissance plus faible |
| 5 000 à 6 999 | Ne convient pas : cause presque toujours des problèmes |
| 7 000 et plus | Impropre aux volailles |
Source : Cobb (Broiler Management Guide), d’après National Research Council (1974)
Ce que l’analyse permet de corriger
- Fer et manganèse : donnent un goût amer qui fait moins boire et nourrissent les bactéries. Un filtre (mailles de 40 à 50 microns), vérifié et nettoyé chaque semaine, et la chloration aident.
- Calcium et magnésium (eau « dure ») : forment du tartre qui bouche les pipettes.
- Nitrates : même à faible niveau, ils freinent les performances ; ils signalent souvent une pollution par des eaux usées ou des engrais.
- pH au-dessus de 8 : goût amer et chlore presque sans effet.
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Le chlore agit mieux dans une eau un peu acide
| pH de l’eau | Part du chlore qui désinfecte vraiment |
|---|---|
| 8,0 | 21 % |
| 7,5 | 48 % |
| 7,0 | 72 % |
| 6,5 | 90 % |
| 6,0 | 96 % |
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Faites analyser l’eau au moins une fois par an, par un laboratoire agréé, avec deux prélèvements : un à la source et un au bout d’une ligne d’abreuvoirs, dans un flacon stérile. Connaissez le pH de votre eau avant de la traiter. Pour corriger le pH ou chlorer l’eau, demandez conseil au vétérinaire ou au technicien : n’improvisez aucun dosage.
9. Abreuvoirs, circuits et température de l’eau
Dans les tuyaux et les abreuvoirs se forme un dépôt gluant, le biofilm : c’est une couche de bactéries où les microbes dangereux se cachent des désinfectants et se nourrissent. Le nettoyage régulier est la seule façon de l’empêcher de s’installer.

Combien d’abreuvoirs
| Abreuvoir | Nombre | Hauteur |
|---|---|---|
| Démarrage (mini-abreuvoirs, siphoïdes) | 14 à 16 pour 1 000 poussins, soit environ 1 pour 80 à 100 poussins | Posé sur la litière les premiers jours, puis légèrement surélevé |
| Cloche (suspendu) | 1 pour 80 à 100 oiseaux | Bord au niveau du dos ; 1 à 2 cm d’eau |
| Pipettes (poulet de chair) | 1 pour 10 à 12 oiseaux | À hauteur des yeux des poussins, puis juste au-dessus de la tête |
| Pipettes (pondeuses) | 1 pour 10 poules à 30 °C (1 pour 20 à 25 °C) | Juste au-dessus de la tête |
L’entretien pendant la bande
- Abreuvoirs ouverts (siphoïdes, cloches) lavés chaque jour à la brosse.
- Lignes de pipettes rincées à forte pression (1 à 2 bars), idéalement chaque jour et au moins 3 fois par semaine.
- Aucun oiseau ne doit marcher plus de 3 m pour boire.
- Abreuvoirs remontés chaque semaine avec la croissance ; litière mouillée en couronne = abreuvoir trop bas, trop de pression ou fuite.
- Filtre à eau vérifié et nettoyé chaque semaine.
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Nettoyer le circuit d’eau entre deux bandes
- 1Vider le circuit et la cuve.
- 2Sortir la cuve si possible et la brosser.
- 3Préparer la solution de nettoyage en suivant la notice du fabricant ; porter gants et lunettes.
- 4Verser la solution dans la cuve, ouvrir le bout de chaque ligne jusqu’à ce que la solution arrive, puis refermer.
- 5Laisser la solution agir au moins 12 heures si elle ne peut pas circuler.
- 6Vidanger, puis rincer abondamment à l’eau propre pour chasser le biofilm et le produit avant l’arrivée des poussins.
Source : Cobb (Broiler Management Guide)
Une eau fraîche
- Les oiseaux refusent une eau trop chaude : au-dessus de 30 °C, la consommation chute. Entre 18 et 25 °C, c’est bien ; plus fraîche, c’est encore mieux.
- Cuves à l’ombre ou peintes en blanc, tuyaux enterrés ou couverts : un tuyau noir au soleil donne une eau brûlante en milieu de journée.
- Aux heures chaudes, vider l’eau tiédie des abreuvoirs et la remplacer par de l’eau fraîche de la réserve.
- À l’arrivée des poussins, une eau à température de la pièce (environ 20 à 25 °C), ni froide ni chaude.
Vitamines, vaccins, médicaments : tout produit mis dans l’eau l’est seulement sur prescription du vétérinaire, à sa dose et pour sa durée. Préparez juste l’eau que la bande boira en 2 à 4 heures, et jamais de chlore ni d’eau de javel dans l’eau un jour de vaccin : le désinfectant tue le vaccin.
10. Les signes d’un problème d’aliment ou d’eau
Un problème d’aliment ou d’eau se voit d’abord sur la fiche (consommation, croissance), puis sur les fientes et le comportement. Ce tableau aide à chercher la cause ; il ne remplace pas l’avis du vétérinaire quand des oiseaux sont malades ou meurent.
Ce que l’on voit, ce qu’il faut vérifier
| Ce que l’on voit | Causes possibles | Que faire |
|---|---|---|
| Les oiseaux mangent moins | Chaleur, eau insuffisante ou trop chaude, nouvel aliment refusé, sac abîmé, maladie qui commence | Vérifier l’eau et la chaleur, ouvrir et sentir le sac ; vétérinaire si cela dure |
| L’aliment part mais les oiseaux ne grossissent pas | Gaspillage, rats, mangeoires mal réglées, maladie | Régler les mangeoires, lutter contre les rats, peser un échantillon d’oiseaux |
| L’eau bue monte brusquement | Fuite, forte chaleur, aliment ou eau trop salés | Chercher la fuite, vérifier l’aliment et l’analyse d’eau |
| Fientes très humides sur tout le lot | Trop de sel ou de sels dissous dans l’aliment ou l’eau, problème digestif | Garder un échantillon d’aliment, faire analyser l’eau, appeler le vétérinaire |
| Aliment non digéré dans les fientes | Trouble digestif, aliment de mauvaise qualité | Appeler le vétérinaire, garder un échantillon |
| Lot inégal, croissance lente | Place à la mangeoire insuffisante, mauvaise phase d’aliment, aliment de qualité médiocre, eau | Compter les mangeoires et abreuvoirs, vérifier le sac utilisé |
| Boiteries, pattes faibles | Déséquilibre en minéraux ou en vitamines, croissance trop rapide, maladie | Appeler le vétérinaire ; signaler au fournisseur avec l’échantillon |
| Coquilles minces, chute de ponte | Calcium insuffisant, aliment ponte trop tard, chaleur, changement d’aliment, maladie | Vérifier l’aliment ponte ; vétérinaire dans les 24 heures |
| Mortalité qui monte après un nouveau lot d’aliment | Mycotoxines, erreur de fabrication | Arrêter ce lot, appeler le vétérinaire et le fournisseur |
Si vous soupçonnez l’aliment
- 1Arrêter le lot suspect et revenir, si possible, au lot précédent qui allait bien.
- 2Garder l’échantillon de la livraison, l’étiquette du sac et le bon de livraison.
- 3Noter sur la fiche ce qui a changé : date du nouveau lot, consommation, eau, morts.
- 4Appeler le vétérinaire de votre zone, avec la fiche, des photos et l’échantillon.
- 5Prévenir le fournisseur : il doit reprendre les sacs abîmés et peut faire analyser l’aliment.
11. Les erreurs fréquentes
Les erreurs qui coûtent le plus
| Erreur | Ce que cela coûte | La bonne pratique |
|---|---|---|
| Donner l’aliment de finition ou de ponte trop tôt | Croissance freinée, reins abîmés chez la poulette | Un aliment par phase, au bon âge |
| Changer d’aliment d’un coup | Lot qui boude la mangeoire, croissance perdue | Transition sur trois jours |
| Changer de fournisseur en pleine phase pour une occasion | Jours de croissance perdus | Changer en début de phase, après s’être renseigné |
| Donner du maïs seul, ou au démarrage | Carences en protéines, minéraux et vitamines | Aliment complet ; maïs seulement en complément de finition |
| Stocker les sacs au sol, contre le mur ou dans le bâtiment | Humidité, moisissures, rats | Local séparé et sec, palettes, premier entré premier sorti |
| Donner un sac moisi « pour ne pas perdre » | Mycotoxines : foie abîmé, morts | Sac mis de côté et repris par le fournisseur |
| Remplir les mangeoires à ras bord ou les laisser trop basses | Jusqu’à 5 à 10 % d’aliment gaspillé | Remplir au tiers, bord à hauteur du dos |
| Laisser les mangeoires ou les abreuvoirs vides | Croissance perdue, lot inégal | Contrôle à chaque tournée |
| Laisser l’eau chauffer au soleil | Oiseaux qui boivent et mangent moins | Cuves à l’ombre, tuyaux couverts, eau renouvelée |
| Abreuvoirs sales, lignes jamais rincées | Biofilm, maladies digestives | Lavage quotidien, rinçage au moins 3 fois par semaine |
| Mettre des produits dans l’eau « au cas où » | Résistances, diagnostic brouillé, résidus | Seulement sur prescription du vétérinaire |
| Ne pas noter l’eau et l’aliment | Problèmes vus trop tard | Fiche remplie chaque jour, à la même heure |
Le contrôle le plus rentable de l’élevage : compter les sacs. Sacs reçus moins sacs distribués égale sacs en stock. Faites-le chaque semaine, vous-même.
12. La check-list de l’aliment et de l’eau
Chaque jour
- Noter l’aliment distribué et l’eau bue, à la même heure, et les comparer à la veille et aux tableaux.
- Laver les abreuvoirs ouverts ; vérifier que chaque pipette donne de l’eau.
- Vérifier les mangeoires : jamais vides, jamais à ras bord, à la bonne hauteur.
- Aux heures chaudes : eau fraîche renouvelée, mangeoires relevées.
- Regarder la litière autour des abreuvoirs et les fientes.
Chaque semaine
- Remonter mangeoires et abreuvoirs avec la croissance.
- Rincer les lignes d’eau (au moins 3 fois par semaine) ; nettoyer le filtre.
- Compter les sacs en stock et prévoir la prochaine livraison et le prochain changement d’aliment.
- Peser un échantillon d’oiseaux et comparer aux objectifs.
À chaque livraison d’aliment
- Contrôler l’étiquette, les sacs et l’aspect de l’aliment.
- Écrire la date de réception sur les sacs et les ranger sur palettes.
- Garder un échantillon jusqu’à la vente de la bande.
Entre deux bandes
- Vider l’aliment restant, nettoyer le magasin, les mangeoires et les silos.
- Nettoyer la cuve et le circuit d’eau, puis rincer abondamment.
- Faire analyser l’eau au moins une fois par an (source et bout de ligne).
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