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Guide technique · École NEXTEKCI

Guide de santé et de biosécurité des volailles

Prévenir, repérer tôt, appeler le vétérinaire à temps : les bons réflexes en bâtiment ouvert

Repères : Cobb (Broiler Management Guide) · diagnostic et traitement : le vétérinaire de votre zone

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1. Les principes de la biosécurité

La biosécurité, c’est l’ensemble des barrières qui empêchent les maladies d’entrer dans la ferme, puis de passer d’un bâtiment à l’autre. On ne peut pas rendre une ferme stérile : le but est de réduire les microbes présents et de les empêcher de revenir. La prévention coûte toujours moins cher que la maladie.

Au couvoir NEXTEKCI d’Agnibilékrou : tenue de travail dédiée, charlotte et masque pour manipuler les poussins.
Au couvoir NEXTEKCI d’Agnibilékrou : tenue de travail dédiée, charlotte et masque pour manipuler les poussins.

Organiser la ferme en trois zones

ZoneCe qu’on y trouveLa règle
Zone extérieureParking, accueil des acheteurs et des livreursLes véhicules et les cages venus d’ailleurs restent ici
Zone de passageVestiaire, lavage des mains, pédiluve, bottes et tenues de la fermeOn se change et on se désinfecte avant d’aller plus loin
Zone d’élevageBâtiments, magasin d’aliment, réserve d’eauSeulement le personnel et les visiteurs indispensables, en tenue de la ferme

Les barrières de base

  • Ferme clôturée, une seule entrée, portail fermé.
  • Un pédiluve à l’entrée de chaque bâtiment, couvert, renouvelé tous les 1 à 2 jours et après la pluie. Brosser les bottes avant d’y tremper : la boue neutralise le désinfectant.
  • Bottes et tenues réservées à la ferme, et si possible à chaque bâtiment. Lavage des mains à l’entrée.
  • Le moins de visiteurs possible, avec un cahier des visites : nom, date, et dernière ferme visitée.
  • Aucune autre volaille sur le site : ni poules de village, ni canards, ni pintades, ni oiseaux en cage. Pas de chiens ni de chats dans les bâtiments.
  • Matériel et cages venus d’une autre ferme ou du marché : lavés et désinfectés avant d’entrer.
  • Lutte contre les rats permanente, abords dégagés, aliment renversé ramassé tout de suite.
  • Visites dans l’ordre : des plus jeunes vers les plus âgés, des sains vers les malades.

Source : Cobb (Broiler Management Guide)

La bande unique (un seul âge sur la ferme, « tout plein, tout vide ») est la barrière la plus efficace : les jeunes oiseaux n’attrapent pas les microbes des plus âgés, et le bâtiment peut être entièrement vidé, nettoyé et laissé au repos entre deux bandes.

Les visiteurs les plus utiles sont aussi les plus dangereux : vétérinaire, technicien, acheteur, vendeur d’aliment passent de ferme en ferme. Donnez-leur les bottes et la blouse de la ferme, et faites voir les oiseaux à l’acheteur depuis l’entrée : ses cages n’entrent jamais dans le bâtiment.

Les pondeuses rousses sont vaccinées contre la maladie de Marek au couvoir (attestation sur demande). Les autres poussins (chair blanc, chair roux, gris barré, hybride, coquelet) ne reçoivent aucun vaccin au couvoir : la vaccination se fait à la ferme, selon le protocole du vétérinaire de votre zone.

2. Le nettoyage, la désinfection et le vide sanitaire

Un désinfectant versé sur de la saleté ne désinfecte presque rien : la matière organique (fientes, poussière, litière) le neutralise. Le nettoyage compte plus que le choix du produit. L’ordre des opérations est toujours le même.

Entre deux bandes

  1. 1Sortir tous les oiseaux de la ferme. Traiter contre les insectes tout de suite, pendant que la litière est encore chaude.
  2. 2Continuer la lutte contre les rats pendant tout le vide.
  3. 3Vider l’aliment restant ; sortir toute la litière dans des véhicules bâchés, loin du bâtiment.
  4. 4Nettoyer à sec : poussière des murs, poutres, grillages, haut des murets, brasseurs d’air.
  5. 5Laver à l’eau et au détergent, du haut vers le bas (toit, murs, rideaux dedans et dehors, sol), puis le matériel démonté. Rincer.
  6. 6Vider la cuve et les canalisations d’eau, brosser la cuve, laisser une solution de nettoyage au moins 12 heures, puis rincer abondamment.
  7. 7Réparer, nettoyer les abords et les rigoles. Laisser sécher.
  8. 8Désinfecter avec un produit à large spectre, à la dose indiquée sur l’étiquette, toutes les surfaces, du haut vers le bas.
  9. 9Remettre en place le pédiluve et les barrières d’entrée, puis laisser le bâtiment vide, propre et fermé (vide sanitaire).

Source : Cobb (Broiler Management Guide)

Durée du vide sanitaire

SituationDurée minimale conseillée
Bande normale, sans maladie10 à 14 jours, bâtiment propre, sec et fermé
Après une maladie dans la bande21 à 30 jours
Après Gumboro ou grippe aviaire4 semaines ou plus, selon l’avis du vétérinaire

Le vide sanitaire ne commence qu’une fois le bâtiment lavé, désinfecté et sec. Deux semaines sans oiseaux ne sont pas perdues : la plupart des microbes meurent sans hôte sur une surface propre et sèche. Une coccidiose ou un Gumboro qui revient de bande en bande coûte bien plus cher.

Ce qu’on oublie souvent

  • Les rideaux : les laver des deux côtés.
  • Les cages de transport, les bottes, les tenues et le vestiaire.
  • Le matériel qu’on ne peut pas laver (carton, garde en fibre) : le détruire, ne pas le réutiliser.
  • Les abords : 3 mètres désherbés et propres autour du bâtiment, pas d’eau stagnante.

Source : Cobb (Broiler Management Guide)

3. Surveiller sa bande chaque jour

La plupart des maladies se voient sur la fiche avant de se voir sur les oiseaux : l’eau bue baisse, l’aliment reste dans les mangeoires, les morts augmentent. Une tournée attentive matin et soir et une fiche remplie chaque jour permettent d’agir un ou deux jours plus tôt, et ces jours-là sauvent la bande.

La tournée du matin

  1. 1Écouter avant d’entrer : un lot en bonne santé fait un bruit régulier et calme. Râles, éternuements ou silence anormal sont des alertes.
  2. 2Regarder la répartition : oiseaux bien étalés, ni entassés, ni collés aux murs, ni haletants.
  3. 3Ramasser et compter les morts, noter ce qu’on a vu (âge, état, position).
  4. 4Relever l’eau bue et l’aliment distribué depuis la veille, à la même heure.
  5. 5Vérifier l’eau (débit, propreté), les mangeoires, la litière autour des abreuvoirs.
  6. 6Regarder les fientes, les yeux, la respiration, les pattes.

Les signes d’alerte

  • Eau bue en baisse sans raison (pas de baisse de chaleur), aliment qui reste.
  • Oiseaux tassés, plumes hérissées, yeux mi-clos, qui ne se lèvent pas quand on passe.
  • Fientes anormales : sang, diarrhée blanche, verte ou très liquide sur de nombreux oiseaux.
  • Respiration bruyante, bec ouvert au repos, yeux qui pleurent, face gonflée.
  • Signes nerveux : cou tordu, tremblements, paralysie, oiseaux qui tournent sur eux-mêmes.
  • Chez les pondeuses : chute de ponte, œufs sans coquille, déformés ou décolorés.

Mortalité : normale ou anormale

PériodeNormalAlerte
Première semaine1 à 1,5 % au total (voyage, démarrage)Plus de 1 % en un seul jour après le 1er jour, ou plus de 2 % au total à 7 jours
De la 2e semaine à la vente (chair)0,1 à 0,2 % par jourPlus de 0,5 % par jour deux jours de suite, ou un pic soudain
Toute la bande (chair blanc)3 à 5 % au totalPlus de 7 %
Pondeuses en ponteMoins de 1 % par moisPlus de 2 % par mois, ou chute de ponte en même temps

Ces repères supposent une bonne conduite. L’important n’est pas d’avoir zéro mort, c’est de voir le dépassement le jour même. Le pourcentage se calcule sur le nombre de poussins reçus : 15 morts sur 1 000 poussins = 1,5 %.

L’eau est le meilleur signal d’alarme. Un poulet boit environ deux fois ce qu’il mange, davantage quand il fait chaud. Une baisse de 10 à 15 % de l’eau bue, sans baisse de température, annonce souvent un problème un jour avant les premiers malades.

4. Les principales maladies

Ce tableau sert à reconnaître une alerte et à bien décrire ce que vous voyez au vétérinaire. Il ne remplace pas son diagnostic : plusieurs maladies se ressemblent, et seule une visite, une autopsie ou une analyse permettent de trancher. Le traitement, quand il existe, est toujours décidé par le vétérinaire de votre zone.

Reconnaître les principales maladies

MaladieCauseSignes principauxPréventionQue faire
NewcastleVirusMortalité qui monte vite, difficultés respiratoires, diarrhée verdâtre, cou tordu, paralysie ; chute de ponte brutaleVaccination selon le vétérinaire, biosécuritéIsoler, appeler le vétérinaire immédiatement ; maladie à déclarer
GumboroVirus très résistantVers 3 à 6 semaines : oiseaux prostrés, diarrhée blanchâtre, mortalité qui monte puis retombe en une semaineVaccination selon le vétérinaire, nettoyage soigné, vide sanitaire longIsoler, appeler le vétérinaire ; pas de traitement du virus
MarekVirus (poussières de plumes)Surtout chez les oiseaux de plus de 6 semaines : paralysie d’une patte ou d’une aile, amaigrissement, œil grisVaccination au couvoir (pondeuses rousses NEXTEKCI), bande unique, hygièneIsoler les malades, appeler le vétérinaire ; pas de traitement
Bronchite infectieuseVirusÉternuements, râles ; chez les pondeuses, chute de ponte, coquilles minces ou déformées, blanc d’œuf liquideVaccination selon le vétérinaire, ambiance du bâtimentAppeler le vétérinaire ; corriger l’ambiance
Mycoplasmose (maladie respiratoire chronique)BactérieRâles, écoulement du nez, sinus gonflés, lot qui traîne et grandit mal ; s’aggrave avec l’ammoniac et la poussièreBiosécurité, litière sèche, bonne aération, bande uniqueAppeler le vétérinaire : traitement seulement sur sa prescription
ColibacilloseBactérie souvent présente dans le milieuPoussins au nombril mal fermé ou enflammé, lot qui respire mal, mortalité qui traîneEau propre, hygiène du démarrage, litière sèche, bonne aérationAppeler le vétérinaire : traitement seulement sur sa prescription
Choléra aviaireBactérieSurtout les oiseaux adultes : morts subites, crête et barbillons violacés ou enflés, diarrhée verdâtreLutte contre les rats, aucune autre volaille sur le site, biosécuritéIsoler, appeler le vétérinaire le jour même
Variole aviaireVirus transmis par les moustiques et les blessuresCroûtes sur la crête, les barbillons, autour des yeux ; parfois plaques jaunes dans le bec et gêne respiratoireLutte contre les moustiques, vaccination selon le vétérinaireAppeler le vétérinaire ; isoler les plus atteints
CoccidioseParasite de l’intestinVers 3 à 6 semaines : fientes avec du sang ou orangées, oiseaux tassés, litière humideLitière sèche, aliment adapté, densité correcte, vide sanitaireAppeler le vétérinaire le jour même (voir chapitre 5)
Grippe aviaireVirusMortalité massive et soudaine, tête et crête gonflées ou bleuies, pattes rougies, chute de ponteBiosécurité stricte, aucun contact avec oiseaux sauvages et volailles de marchéNe rien vendre, isoler, déclaration obligatoire (voir chapitre 8)

Les risques selon la saison

SaisonCe qui changeÀ surveiller
Saison des pluiesHumidité, litière qui mouille, moustiquesCoccidiose, variole, moisissures dans l’aliment et la litière
HarmattanNuits fraîches, poussière, air secMaladies respiratoires ; fermer les rideaux la nuit
Saison sèche chaudeFortes chaleurs l’après-midiCoup de chaleur chez les oiseaux lourds, chute de consommation

Pour le vétérinaire, un oiseau mort frais (de la journée, gardé au frais, jamais congelé) vaut mieux que la meilleure description : l’autopsie montre des lésions que l’on ne voit pas de l’extérieur.

5. La coccidiose

La coccidiose est due à de minuscules parasites qui se multiplient dans l’intestin. Leurs œufs sortent avec les fientes et, dans une litière chaude et humide, deviennent contagieux en un à deux jours. Les oiseaux les picorent et le cycle recommence. Elle frappe surtout entre 3 et 6 semaines, et partout où la litière est mouillée.

Les signes, dans l’ordre d’apparition

  • Baisse de l’eau bue et de l’aliment consommé (la fiche le montre en premier).
  • Oiseaux tassés, plumes hérissées, tête rentrée.
  • Fientes molles, puis rouges, brunes ou orangées, parfois avec du sang.
  • Mortalité qui monte en quelques jours ; lot qui devient irrégulier.

Prévenir et réagir

PointCe qu’il faut faire
LitièreSèche et souple ; retirer les plaques mouillées autour des abreuvoirs ; régler la hauteur des abreuvoirs
AlimentDemander à votre fournisseur si l’aliment de démarrage et de croissance contient un anticoccidien ; ne rien ajouter sans avis du vétérinaire
DensitéNe pas dépasser la densité conseillée : moins d’oiseaux, moins de fientes au m²
Entre deux bandesLitière entièrement sortie, nettoyage complet, vide sanitaire respecté
Dès les premiers signesAppeler le vétérinaire le jour même : il confirme et décide du traitement, de sa durée et du délai d’attente avant la vente

Test de la main : serrez une poignée de litière. Elle doit coller un peu puis s’émietter. Si elle reste en boule, elle est trop humide : c’est là que la coccidiose se prépare. Sans litière sèche, aucun traitement ne tient.

6. Les maladies respiratoires

Les voies respiratoires des volailles sont fragiles. L’ammoniac d’une litière humide, la poussière, les courants d’air froids la nuit et le surpeuplement les irritent ; les microbes en profitent. La première mesure contre toute maladie respiratoire est donc toujours de corriger l’ambiance du bâtiment.

Les grandes familles

FamilleExemplesCe que l’on voitConduite à tenir
BactériesMycoplasmose, coryza, colibacilloseRâles, nez qui coule, face ou yeux gonflés ; évolution lenteDiagnostic et traitement par le vétérinaire ; délai d’attente respecté
VirusBronchite infectieuse, NewcastleÉternuements, râles, parfois signes nerveux ou chute de ponte ; propagation rapidePas d’antibiotique contre un virus ; prévention par la vaccination et la biosécurité
MoisissuresAspergillose (litière ou aliment moisis)Poussins qui respirent bec ouvert, cou tenduRetirer la source (litière, sac moisi), aérer, appeler le vétérinaire
Ambiance seuleAmmoniac, poussièreYeux qui pleurent, éternuementsLitière sèche, aération, densité correcte

Prévenir

  • Air qui traverse le bâtiment, sans souffler directement sur les jeunes poussins.
  • Litière sèche ; si l’ammoniac pique les yeux ou le nez à hauteur des oiseaux, il est déjà trop fort.
  • Rideaux fermés la nuit quand la température tombe, surtout pendant l’harmattan.
  • Jamais d’aliment ni de litière moisis.
  • Densité respectée, bande unique.

Source : Cobb (Broiler Management Guide)

Écoutez la nuit : rideaux fermés, bâtiment calme, restez cinq minutes sans bouger. Les râles et les éternuements s’entendent avant de se voir. Filmez avec le son pour le vétérinaire.

7. Newcastle et Gumboro

Ce sont deux maladies virales graves et fréquentes. Aucun médicament ne tue ces virus : seules la vaccination à la ferme, décidée par le vétérinaire, et la biosécurité protègent la bande.

Les distinguer

NewcastleGumboro
Âge le plus touchéTous les âgesSurtout 3 à 6 semaines
SignesRespiratoires, nerveux (cou tordu, paralysie), diarrhée verdâtre ; chez les pondeuses, chute de ponte et œufs anormauxOiseaux prostrés, tremblants, diarrhée blanchâtre et liquide, plumes souillées autour du cloaque
ÉvolutionTrès rapide ; une grande partie de la bande peut mourir en quelques joursMortalité qui monte 2 à 3 jours, puis retombe en une semaine
Après la maladieFerme à surveiller, voisins à prévenirLes survivants ont des défenses affaiblies et attrapent plus facilement d’autres maladies
Le virusVoyage avec les oiseaux, les cages, les chaussures, les visiteursSurvit des mois dans le bâtiment et la litière, résiste à beaucoup de désinfectants
DéclarationMaladie à déclarer aux services vétérinairesSignalée au vétérinaire, qui conseille la suite

Si vous les soupçonnez

  • Isoler le bâtiment : personne n’entre sans changer de bottes et de tenue.
  • Appeler le vétérinaire immédiatement, avec la fiche, des photos et une vidéo.
  • Ne vendre ni déplacer aucun oiseau, vivant ou mort. Ne pas jeter les cadavres dehors.
  • Ne rien mettre dans l’eau « au cas où » : un antibiotique ne soigne pas un virus et brouille le diagnostic.
  • Après l’épisode : nettoyage complet, désinfectant adapté conseillé par le vétérinaire, vide sanitaire long.

Les pondeuses rousses sont vaccinées contre la maladie de Marek au couvoir (attestation sur demande). Les autres poussins (chair blanc, chair roux, gris barré, hybride, coquelet) ne reçoivent aucun vaccin au couvoir : la vaccination se fait à la ferme, selon le protocole du vétérinaire de votre zone.

Un vaccin est vivant et fragile : il se garde au froid, entre 2 et 8 °C, jamais au soleil, et le flacon ouvert s’utilise tout de suite. Un vaccin resté au chaud ne protège plus, et l’éleveur croit sa bande protégée. Les dates et la méthode sont fixées par le vétérinaire de votre zone.

8. La grippe aviaire

La grippe aviaire (influenza aviaire) est une maladie virale très contagieuse. Ses formes graves tuent une grande partie d’un bâtiment en un à deux jours. Elle circule avec les oiseaux sauvages, les canards et les volailles des marchés de volailles vivantes. Elle peut aussi contaminer l’homme.

Les signes qui doivent alerter

  • Mortalité massive et soudaine, sans cause évidente.
  • Oiseaux très abattus, tête, crête et barbillons gonflés ou bleuis, pattes rougies.
  • Signes respiratoires ou nerveux, diarrhée.
  • Chez les pondeuses, chute de ponte brutale.

Ce qu’il faut faire, dans l’ordre

  1. 1Fermer le bâtiment et la ferme : plus personne n’entre ni ne sort, aucun oiseau, œuf, cage, sac ou véhicule ne quitte la ferme.
  2. 2Appeler tout de suite le vétérinaire de votre zone ou l’agent des services vétérinaires le plus proche.
  3. 3Déclarer : c’est obligatoire. La déclaration protège les voisins, et c’est elle qui permet de bénéficier des éventuels appuis de l’État.
  4. 4Ne rien vendre, ne rien donner, ne rien manger des oiseaux malades ou morts.
  5. 5Garder les cadavres dans des sacs fermés, à l’écart, jusqu’à la décision des services vétérinaires.
  6. 6Appliquer ensuite les mesures décidées par les services vétérinaires.

Se protéger

  • Gants, masque et bottes pour toucher les oiseaux malades ou morts ; lavage des mains au savon après.
  • Aucun enfant, aucune personne malade ou fragile dans le bâtiment.
  • En cas de fièvre ou de toux après un contact, consulter un centre de santé en disant que vous travaillez avec des volailles.

Cacher une grippe aviaire ou vendre des oiseaux malades est dangereux pour les voisins et pour les consommateurs, et c’est une infraction. Quand des foyers sont signalés dans le pays ou chez les voisins, renforcez toutes les barrières : plus aucun visiteur, véhicules désinfectés, aliment livré à l’entrée de la ferme.

9. Le stress thermique

En Côte d’Ivoire, la chaleur est l’un des premiers ennemis de la bande. Au-dessus de 30 à 32 °C, surtout quand l’air est humide, le poulet n’arrive plus à évacuer sa chaleur : il halète, mange moins, boit beaucoup plus, puis peut mourir de coup de chaleur. Les plus exposés sont les oiseaux lourds en fin de bande et les lots trop serrés.

Les signes

  • Bec ouvert, halètement rapide, ailes écartées du corps.
  • Oiseaux couchés, étalés, collés aux murs ou sous les abreuvoirs.
  • Aliment en baisse, eau bue qui double.
  • Morts l’après-midi, gros oiseaux retrouvés sur le dos ; chez les pondeuses, coquilles minces et chute de ponte.

Température ressentie par un poulet de plus de 28 jours

Température et humiditéAir immobileAir à 1,1 m/sAir à 2,5 m/s
35 °C, 50 % d’humidité35 °C26,6 °C22,2 °C
35 °C, 70 % d’humidité38,3 °C30,5 °C25 °C
32 °C, 70 % d’humidité35 °C28,8 °C23,3 °C
29 °C, 80 % d’humidité33,3 °C28,8 °C23,8 °C

Source : Cobb (Broiler Management Guide)

La chaleur reste sous le toitVentL’air passe au niveau des oiseauxHauteur ≈ 2,40 mOuverture ≈ 1,5 mDébord de toit ≈ 1,25 mMuret ≈ 0,50 mCôté au ventCôté sous le vent
Bâtiment ouvert amélioré : la chaleur reste sous le toit et l’air passe au niveau des oiseaux. D’après Cobb (Broiler Management Guide)

Agir dans l’heure

  • Eau fraîche à volonté : renouveler avec de l’eau de la réserve à l’ombre, ajouter des abreuvoirs.
  • Ouvrir les rideaux le plus bas possible, des deux côtés (après 14 jours) ; brasseurs d’air pour faire passer l’air sur les oiseaux.
  • Mouiller le toit en tôle ; brumiser seulement si l’air circule et n’est pas déjà très humide.
  • Ne pas nourrir aux heures chaudes : relever les mangeoires plusieurs heures avant, redonner à manger le soir et tôt le matin.
  • Aucune pesée, aucun vaccin, aucune manipulation aux heures chaudes.
  • Marcher doucement dans le bâtiment : les oiseaux se lèvent, l’air passe et ils vont boire.
  • Un complément dans l’eau seulement sur conseil du vétérinaire.

Source : Cobb (Broiler Management Guide)

Préparez la saison chaude avant qu’elle arrive : moins d’oiseaux par m², toit peint en blanc ou isolé, réserve d’eau à l’ombre, et vente un peu plus tôt des lots lourds. Les poulets de couleur et les cous nus supportent mieux la chaleur.

10. Les parasites

Les parasites tuent rarement d’un coup, mais ils freinent la croissance, font baisser la ponte et affaiblissent les oiseaux face aux autres maladies. Ils concernent surtout les oiseaux qui restent longtemps à la ferme (pondeuses, poulets de couleur) et ceux qui sortent sur un parcours.

Les parasites les plus courants

ParasiteOù le voirSignesPrévention
Vers ronds et vers plats (intestin)Dans les fientes ou l’intestin à l’autopsieAmaigrissement, croissance lente, baisse de ponte, plumes ternesLitière propre, parcours tournant, lutte contre les insectes qui les transmettent
PouxÀ la base des plumes, sous les ailes et autour du cloaqueDémangeaisons, plumes abîmées, oiseaux agitésExamen régulier de quelques oiseaux, pas de contact avec les volailles de cour
Acariens rougesCachés le jour dans les fentes, perchoirs et nids ; sur les oiseaux la nuitCrête pâle (anémie), baisse de ponte, oiseaux agités la nuitNettoyage des fentes et des perchoirs, vide sanitaire
Puces collantesPetits points sombres fixés sur la crête, les barbillons et autour des yeuxIrritation, croûtes, oiseaux affaiblisPropreté du sol et des abords, pas de chiens ni de volailles de cour
Gale des pattesÉcailles des pattes soulevées et épaissiesPattes croûteuses, boiterie chez les oiseaux âgésHygiène, isoler les oiseaux atteints
Ténébrions (petits coléoptères noirs)Dans la litière et les mursTransportent des microbes et certains versTraitement contre les insectes le jour de la sortie des oiseaux

Une fois par semaine, attrapez quelques oiseaux, écartez les plumes sous les ailes et autour du cloaque, regardez la crête et les pattes. Si vous trouvez des parasites, le vétérinaire choisit le produit adapté, la méthode et le délai d’attente avant la vente des oiseaux et des œufs.

11. Quand et comment appeler le vétérinaire

Choisissez le vétérinaire de votre zone avant l’arrivée des poussins. C’est lui qui établit le protocole de vaccination, pose le diagnostic, prescrit les traitements et déclare les maladies graves. Règle simple : dans le doute, on appelle. Un appel pour rien coûte un coup de fil ; un appel en retard peut coûter la bande.

Les seuils d’appel

SignalSeuilQuand appeler
MortalitéPlus de 1 % en un jour la première semaine ; plus de 0,5 % par jour deux jours de suite ensuite ; tout pic soudainLe jour même
EauBaisse de 10 à 15 % sans baisse de chaleurDans la journée
Signes nerveuxCou tordu, paralysie, tremblementsImmédiatement
FientesSang, diarrhée blanche ou verte sur de nombreux oiseauxLe jour même
RespirationRâles la nuit, faces gonflées, bec ouvert au repos chez beaucoup d’oiseauxLe jour même
PonteChute de plus de 5 % en une semaine, œufs anormauxDans les 24 heures
Mortalité massive et soudaineGrippe aviaire possibleImmédiatement, et ferme fermée

Préparer l’appel

  • La fiche : âge, nombre d’oiseaux, morts par jour, eau et aliment, vaccins et traitements déjà faits avec leurs dates.
  • Des photos et une courte vidéo avec le son : posture, fientes, yeux, respiration, litière.
  • Un ou deux oiseaux morts de la journée, gardés au frais, jamais congelés.
  • Un échantillon de l’aliment en cours et l’étiquette du sac.
  • Ce qui a changé récemment : nouvel aliment, panne, orage, visiteur, vaccin.

En attendant le vétérinaire

  • Isoler le bâtiment et séparer les oiseaux les plus malades.
  • Eau fraîche et propre à volonté ; corriger la litière et l’aération.
  • Ne rien mettre dans l’eau sans avis : pas d’antibiotique « en attendant », pas de produit du voisin. Cela brouille le diagnostic et rend les microbes résistants.
  • Ne vendre ni déplacer aucun oiseau.

Tout médicament donné sur prescription a un délai d’attente : pendant ce temps, on ne vend ni les oiseaux ni les œufs. Notez la date de fin sur la fiche et respectez-la : c’est la santé de vos clients et la réputation de votre ferme.

Une question technique ? Envoyez photos et vidéos à un conseiller NEXTEKCI sur WhatsApp

12. Le registre sanitaire

Le registre est la mémoire de la bande. Il permet de voir un problème tôt, d’aider le vétérinaire à poser son diagnostic, de respecter les délais d’attente et de comprendre, après coup, ce qui a marché ou non. Un registre affiché à l’entrée du bâtiment et rempli chaque jour vaut mieux qu’un cahier parfait rempli le dimanche.

Ce qu’il faut noter

QuandQuoi
Chaque jourMorts et oiseaux retirés ; aliment distribué ; eau bue ; températures mini et maxi ; ce que l’on a observé (fientes, respiration, comportement)
Chaque semainePoids moyen d’un échantillon d’oiseaux ; état de la litière
À chaque vaccinNom du vaccin, numéro de lot, date de péremption, date, heure, nombre d’oiseaux, qui l’a fait
À chaque traitementProduit prescrit, prescription du vétérinaire, dates de début et de fin, fin du délai d’attente
À chaque livraisonAliment (fournisseur, type, date) en gardant un échantillon ; poussins (origine, date, nombre)
À chaque visiteCahier des visiteurs : nom, date, motif, dernière ferme visitée
Entre deux bandesDates du nettoyage, de la désinfection et du vide sanitaire ; résultats d’autopsie éventuels

Source : Cobb (Broiler Management Guide)

Photographiez la fiche chaque soir avec votre téléphone : en cas de problème, vous pouvez l’envoyer tout de suite au vétérinaire, même si vous n’êtes pas à la ferme.

Approfondir avec les leçons de santé de l’École NEXTEKCI
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