- ✓Lire le tableau de croissance et d’aliment de la poulette
- ✓Peser correctement une centaine de poulettes chaque semaine et interpréter le résultat
- ✓Obtenir un lot homogène et réagir à un retard de poids
Le tableau de croissance de la poulette
Ce tableau est la feuille de route de l’élevage. La colonne « aliment » dit combien une poulette mange en moyenne par jour ; la colonne « poids » dit où elle doit en être. Entre 6 et 18 semaines, la poulette fait plus que tripler son poids, tandis que sa ration passe de 47 à 85 g par jour.
| Âge | Aliment par jour et par poulette | Poids visé |
|---|---|---|
| 6 semaines | 47 g | 470 à 495 g |
| 8 semaines | 55 g | 660 à 695 g |
| 10 semaines | 60 g | 840 à 900 g |
| 12 semaines | 65 g | 1 020 à 1 090 g |
| 14 semaines | 72 g | 1 190 à 1 255 g |
| 16 semaines | 78 g | 1 350 à 1 425 g |
| 18 semaines | 85 g | 1 480 à 1 580 g |
Source : Novogen (guide d’élevage Novogen Brown, 2024).
Le poids de 18 semaines (1 480 à 1 580 g) est le plus important : c’est lui qui autorise, ou non, l’augmentation de la lumière qui lance la ponte (leçon 3).
Peser une centaine de poulettes chaque semaine
Peser trois ou quatre poulettes faciles à attraper ne dit rien : ce sont souvent les plus calmes ou les plus grosses. On pèse une centaine de poulettes chaque semaine, prises au hasard dans tout le bâtiment.
- Toujours le même jour de la semaine et à la même heure, avant la distribution d’aliment.
- Attraper les poulettes en plusieurs endroits : près des murs, au centre, près des mangeoires et loin d’elles.
- Peser chaque poulette une par une et noter chaque poids, pas seulement le total.
- Calculer le poids moyen et le comparer à la fourchette du tableau.
- Compter combien de poulettes sont nettement plus légères que la moyenne : c’est la mesure de l’homogénéité (repère vu au niveau 5).
- Reporter le poids moyen sur une courbe, à côté de la courbe du tableau.
À 10 semaines, le technicien pèse 100 poulettes : la moyenne est de 800 g. Le tableau demande 840 à 900 g. Le lot a donc au moins 40 g de retard. Ce n’est pas grave si on le voit maintenant ; c’est grave si on le découvre à 18 semaines.
L’homogénéité : toutes les poulettes mangent en même temps
Un lot homogène entre en ponte d’un seul bloc. Un lot hétérogène mélange des poulettes prêtes et des poulettes en retard : on ne peut pas régler la lumière et l’aliment pour les deux à la fois.
- Assez de mangeoires pour que toutes les poulettes mangent en même temps : c’est la clé de l’homogénéité. Si les plus fortes mangent d’abord, les plus faibles prennent du retard.
- Densité au sol : environ 20 poulettes par m² jusqu’à 4 semaines, puis 10 par m² jusqu’à 17 semaines.
- Aliment distribué rapidement sur toute la longueur des mangeoires, pour que personne n’attende.
- Hauteur des mangeoires et des abreuvoirs relevée au fur et à mesure de la croissance.
- Les poulettes nettement plus petites sont mises à part, avec plus de place à la mangeoire.
Réf. Lohmann, climat chaud
Exemple de calcul : un bâtiment de 100 m² reçoit au plus 1 000 poulettes de 5 à 17 semaines (10 par m²). Mettre plus de poulettes, c’est payer le même aliment pour un lot moins homogène.
Les aliments de la poulette
En élevage, l’aliment passe de démarrage à croissance, puis aliment poulette et aliment pré-ponte avant les premiers œufs. Chaque aliment correspond à un besoin : construire le squelette, puis le corps, puis préparer la ponte. On change d’aliment en suivant l’âge et le poids : un lot en retard ne doit pas être poussé vers l’aliment suivant.
Pendant cette période se font aussi les vaccinations à la ferme. Les pondeuses rousses sont vaccinées contre la maladie de Marek au couvoir (attestation sur demande). Tous les autres vaccins suivent le protocole du vétérinaire de votre zone : notez chaque vaccin, sa date et le lot utilisé.
Le poids est en retard : que faire ?
Quand le poids moyen est sous la fourchette, on cherche la cause avant de changer quoi que ce soit.
- L’eau : les abreuvoirs sont-ils assez nombreux, propres, à la bonne hauteur ? L’eau est-elle fraîche aux heures chaudes ?
- La place à la mangeoire : toutes les poulettes peuvent-elles manger en même temps ? La densité est-elle respectée ?
- L’aliment : la quantité correspond-elle au tableau ? L’aliment est-il de bonne qualité, sans moisissure, bien conservé ?
- La lumière : ne pas la baisser trop vite quand le poids est en retard.
- La santé : diarrhées, toux, mortalité qui monte ? Appeler le vétérinaire de la zone.
Source : Novogen (guide d’élevage Novogen Brown, 2024).
Pour l’entrepreneur
- ›La poulette ne rapporte rien avant 20 semaines, mais elle décide de toute la ponte : ne rognez ni sur l’aliment ni sur les mangeoires.
- ›Ne mettez pas plus de 10 poulettes par m² après 4 semaines, même si la place manque ailleurs.
- ›Demandez chaque semaine la courbe de poids comparée au tableau, et pas seulement « ça va ».
Pour le technicien
- ›Pesez une centaine de poulettes chaque semaine, au hasard, même jour et même heure.
- ›Vérifiez que toutes les poulettes mangent en même temps ; mettez à part les plus petites.
- ›Si le poids est en retard, contrôlez l’eau, la place à la mangeoire, l’aliment et la santé avant de toucher à la lumière.
Les 3 questions à poser à votre technicien cette semaine
- Quel est le poids moyen des 100 poulettes pesées cette semaine, et quelle est la fourchette du tableau ?
- Combien de poulettes sont nettement plus petites que les autres, et où sont-elles ?
- Toutes les poulettes trouvent-elles une place à la mangeoire au moment de la distribution ?
À retenir
- •Poids visés : 470 à 495 g à 6 semaines, 840 à 900 g à 10 semaines, 1 350 à 1 425 g à 16 semaines, 1 480 à 1 580 g à 18 semaines.
- •Une centaine de poulettes pesées chaque semaine, prises au hasard dans tout le bâtiment.
- •Assez de mangeoires pour que toutes mangent en même temps ; 10 poulettes par m² jusqu’à 17 semaines.
- •Aliments : démarrage, croissance, poulette, pré-ponte ; on change selon l’âge et le poids.
- •Poids en retard : vérifier eau, mangeoires, aliment, santé ; ne pas baisser la lumière trop vite.
